Situation économique et financière de Malte

Avec des perspectives de croissance proches de 4% par an, l’archipel maltais se caractérise par une situation économique très favorable vis-à-vis du reste de la zone euro. Malte est sortie de la procédure pour Déficit public excessif (DPE) en juin 2015, et devrait respecter le PSC en 2015-2016.

1. L’archipel maltais présente une situation économique favorable, notamment grâce à un secteur financier en développement

La situation macroéconomique de Malte apparaît particulièrement favorable, notamment au regard de ses partenaires européens, avec une activité dynamique depuis 2010.
La croissance du PIB s’est établie à 3,5 % en 2014 et le gouvernement maltais prévoit une forte hausse de la croissance en 2015 (+4,2%), qui devrait néanmoins ralentir en 2016 (+3,6%). La Commission européenne a confirmé les prévisions de croissance du gouvernement pour 2016 et prévoit même une croissance légèrement plus dynamique en 2015 (+4,3%). Le gouvernement explique la révision à la hausse de ses prévisions pour 2015 par une croissance meilleure que prévue au 1er semestre, en particulier du côté de la demande interne. La demande interne contribue totalement à la croissance en 2015, pour 6,1% du PIB, grâce au dynamisme des investissements (+21,4%), mais est compensée par la contribution négative du commerce extérieur (-1,9%). Pour 2016, le ralentissement de la croissance s’expliquerait, selon le gouvernement, par la demande extérieure, alors qu’au niveau interne, la hausse de la consommation des ménages et de la consommation publique serait compensée par la baisse des investissements. Malgré le dynamisme des salaires, l’inflation devrait rester modérée en 2015 (+1,0 %) dans un contexte de baisse des prix du pétrole et d’inflation faible dans la zone euro, mais devrait augmenter à partir de 2016 (+1,8%).

Malte connaît un taux de chômage de l’ordre de 5,8 %, un des taux les plus bas de l’Union européenne, qui devrait diminuer légèrement en 2016 (5,6%). Le gouvernement est parvenu par ailleurs à augmenter la participation des femmes au marché du travail grâce notamment à des incitations financières et à la création de structures de garde d’enfants.
Le secteur bancaire occupe une place très importante dans l’économie du pays (au total près de 8 fois le PIB). Il n’a pas été touché par la crise, demeure solide et se caractérise par une gestion prudente, comme le relève le FMI dans ses conclusions de fin de mission de décembre 2014.

Il est composé d’un secteur bancaire local, constitué de cinq banques domestiques, qui représente 200 % du PIB. Considéré comme solide (selon les derniers rapports du World Economic Forum, le système bancaire maltais serait le 13e système bancaire le plus solide dans le monde1), avec des règles de provisionnement strictes et renforcées en 2013, il fait toutefois l’objet de deux points de vigilance pour le FMI : le niveau de créances douteuses demeure élevé et l’exposition au marché immobilier est importante. Lors de la revue complète des banques conduite par la BCE courant 2014, la seule banque maltaise sous examen (Bank of Valletta) a passé sans encombre la revue des actifs et les stress tests.

Le secteur bancaire est par ailleurs composé du secteur intermédiaire qui, à partir des dépôts des agents économiques maltais, investit hors de l’île (environ 100 % du PIB) et, d’autre part, par le secteur financier extérieur sans lien avec l’économie locale (évalué à 500 % du PIB), qui a pris une importance grandissante ces dernières années. Une véritable industrie des fonds de placement/investissement est en
train de se développer dans le pays, qui attire désormais des fonds de plus grande taille ainsi que des compagnies d’assurance (notamment Renault, Auchan et Peugeot), en raison notamment d’une fiscalité attractive, mais qui pourrait être remise en cause par de futures règles européennes dans le cadre de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Enfin, la Banque centrale de Malte et l’autorité de régulation des marchés financiers, MFSA, ont installé un conseil commun de stabilité financière (Joint Financial Stability Board) en janvier 2013, avec pour objectifs d’introduire davantage de supervision – avec le concours en particulier de l’Autorité des Marchés Financiers française – et de préciser la définition des créances douteuses et des collatéraux apportés en garantie aux prêts concédés. Pour mémoire, trois banques sont passées en novembre 2014 sous supervision directe de la BCE : Bank of Valletta, Deutsche Bank Malta, HSBC Bank Malta.

2. Malte est sortie de la procédure de déficit public en juin 2015 et prévoit une trajectoire maîtrisées de ses finances publiques

Malte, dont le déficit public avait atteint 3,7 % du PIB en 2012, est sortie en juin dernier de la procédure pour déficit public excessif dont elle faisait l’objet depuis juin 2013. Grâce à un contexte économique favorable, Malte était parvenue à faire passer son déficit public sous la barre des 3 % dès 2013 (2,7 %), soit avec un an d’avance. Le projet de loi de finances prévoit que le déficit public atteigne 1,6 % du PIB en 2015 et 1,1% en 2016, tandis que la Commission européenne table sur un déficit légèrement plus élevé dans ses prévisions d’automne (-1,7% en 2015 et -1,2% en 2016).
La dette publique devrait s’établir à 66,6 % du PIB en 2015 et 65,2% du PIB en 2016 d’après les prévisions du gouvernement. Le projet de loi de finances prévoit une réserve à hauteur de 0,1 % du PIB afin de garantir le respect des cibles budgétaires en cas de dérapage des dépenses ou de revenus inférieurs aux prévisions.
Malte prévoit de réaliser 0 ,5 point d’ajustement structurel par an en 2015 et 2016 (contre 0,7 et 0,8 point respectivement dans le Pstab), tandis que la Commission européenne recommandait un ajustement de 0,6 point par an en 2015 et 2016. Le gouvernement maltais a néanmoins maintenu l’objectif d’atteindre l’équilibre structurel (OMT) en 2019.

La croissance de l’économie maltaise devrait demeurer robuste en 2015 et 2016, portée par une demande intérieure dynamique, et notamment les investissements. Le gouvernement maltais est parvenu à maîtriser le déficit de l’archipel grâce à ces bonnes performances économiques, et la Commission européenne devrait rendre un avis positif sur le projet de plan budgétaire maltais malgré le ralentissement de la trajectoire d’ajustement structurel.

source : Direction Générale du Trésor, Service économique de l’Ambassade de France à Rome - 12 novembre 2015

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Note complète du service économique
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Dernière modification : 06/01/2016

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