La politique étrangère

La politique étrangère de la France repose sur une tradition diplomatique longue de plusieurs siècles et sur quelques principes fondamentaux : droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques, respect de l’État de droit et coopération entre les nations. Dans ce cadre, la France s’est attachée à sauvegarder son indépendance nationale tout en œuvrant au développement de la construction européenne et des solidarités régionales et internationales.


La construction européenne

�Dès 1945, la construction européenne se trouve au cœur de la politique étrangère française. Plusieurs raisons majeures à cela : restaurer la paix et garantir la sécurité des États, consacrer la forme démocratique de gouvernement, et bâtir un espace économique et monétaire intégré susceptible de garantir la prospérité aux peuples européens.

�Depuis lors, la France n’a cessé d’œuvrer à la concrétisation et au développement de ce socle européen pour en faire une puissance économique et une enceinte politique respectée.

�Le 1er janvier 2007, deux nouveaux membres, la Roumanie et la Bulgarie, ont rejoint l’Union européenne. Forte de vingt-sept pays, l’Union européenne forme le troisième ensemble de la planète avec 3 % des terres émergées, 7,6 %des habitants et le quart de la richesse mondiale. Avec un PIB de 10 817 milliards d’euros, l’Union européenne devance les Etats-Unis et l’Asie.

L’élargissement, une dynamique historique

�-18 avril 1951, signature du traité de Paris : 6 pays, France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg décident de se constituer en communauté européenne pour le charbon et l’acier (CECA)
�-25 mars 1957, signature du traité de Rome : France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg
�-1er janvier 1973 : Danemark, Irlande, Royaume-Uni
�-1er janvier 1981 : Grèce
�-1er janvier 1986 : Espagne, Portugal
�-1er janvier 1995 : Autriche, Finlande, Suède
�-1er mai 2004 : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie
�-1er janvier 2007 : Bulgarie, Roumanie

Les dates clés de l’élargissement

�-9 novembre 1989, Chute du mur de Berlin
�-21-22 juin 1993, Conseil européen de Copenhague : approbation du principe de l’élargissement de l’Union européenne et définition des critères que les pays candidats devront respecter en vue de leur adhésion
�-30 mars 1998, Début des négociations d’adhésion avec les premiers pays candidats
�-24-25 mars 1999, Conseil européen de Berlin : définition du calendrier financier de l’élargissement
�-7-9 décembre 2000, Conseil européen de Nice : modification des institutions européennes en vue du fonctionnement d’une Union européenne élargie
�-12-13 décembre 2002, Conseil européen de Copenhague : conclusion des négociations pour les dix pays candidats
�-16 avril 2003, Signature du traité d’adhésion à Athènes
�-Courant 2003, Ratification du traité d’adhésion dans les 25 pays
�-1er mai 2004, Entrée des dix nouveaux membres dans l’Union européenne
�-Juin 2004, Elections au Parlement européen dans les 25 pays de l’Union européenne
�-25 janvier 2005, Signature du traité d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à Luxembourg
�-1er janvier 2007, Entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne.


La sécurité internationale

�En matière de sécurité, les années de la guerre froide ainsi que la période instable qui leur a succédé ont conféré à l’ensemble des nations démocratiques, dont la France, d’importantes responsabilités. Partie au traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la France est également membre de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et du Corps européen.

�Enfin, étant l’une des cinq puissances nucléaires, avec la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie et la Chine, la France assure le maintien et l’adaptation de sa dissuasion aux nouvelles réalités stratégiques et entend prendre en compte la dimension européenne de sa défense, tout en œuvrant à l’interdiction totale des essais nucléaires et en s’engageant en faveur de la maîtrise des armements et du désarmement.


L’action au sein de l’ONU

�La politique étrangère de la France est conduite dans le respect des buts et principes de l’Organisation des Nations unies. La France a, depuis 1945, défendu cette organisation dont elle est le cinquième contributeur financier, avec un montant de 81,36 millions d’euros, en 2005, versé au budget ordinaire de l’Organisation, et 79,89 millions d’euros attribués aux institutions spécialisées du système onusien.

�Membre permanent du Conseil de sécurité, la France a participé directement à de nombreuses opérations de maintien de la paix (Proche-Orient, Cambodge, ex-Yougoslavie, RD Congo, Éthiopie-Érythrée, Libéria, Côte d’Ivoire, Haïti, Liban...).

�Pour l’année 2006, le montant des contributions françaises au titre des opérations de maintien de la paix a été de 240 millions d’euros.

�La France soutient également l’action de l’Organisation en matière d’aide au développement, notamment par les contributions et l’aide technique qu’elle apporte aux principaux programmes chargés de la lutte contre la pauvreté (PNUD), la protection des enfants (Unicef) ou la lutte contre les drogues (PNUCID).


La coopération internationale

�La France fonde sa politique de coopération internationale sur deux vecteurs, l’influence et la solidarité.

�La Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) assure la mise en œuvre de cette politique autour de quatre axes principaux :

Aider au développement par la coopération

�La France entend maintenir l’effort de solidarité à l’égard des pays les plus défavorisés, et devrait consacrer 9,1 milliards d’euros à l’aide publique au développement en 2007. Cette somme représente 0,5% du revenu national brut français, étape vers l’objectif de 0,7% en 2012.

�La part la plus importante des crédits français d’aide au développement est consacrée à l’aide bilatérale directement apportée aux pays bénéficiaires par les administrations françaises ou leurs opérateurs.

�En 2007, le développement de l’Afrique reste une priorité de la politique étrangère française. La part de l’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne a été de 53 %.

Encourager les échanges culturels et l’usage du français

�La France dispose de 144 établissements culturels français à l’étranger, installés dans 90 pays, et d’un réseau comprenant 283 Alliances françaises.

�La politique de promotion du français touche 110 millions d’apprenants dans 130 pays et s’appuie sur un corps de 850 000 professeurs. L’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger coordonne les activités des 252 établissements scolaires français dans le monde.

Promouvoir la coopération scientifique et universitaire

�La France entend tout à la fois appuyer l’internationalisation de la recherche française et étendre l’information sur les systèmes scientifiques des pays partenaires.

�L’Observatoire des sciences et techniques et les 28 centres français de recherche installés à l’étranger assurent notamment la mise en œuvre de ces objectifs.

�En matière de coopération universitaire, la France gère plus de 200 filières d’enseignement supérieur francophones dans le monde, et renforce en particulier ses relations avec des partenaires tels que l’Allemagne et les États-Unis. L’accueil des étudiants étrangers se développe : ils sont aujourd’hui 250 000.

�Campus France, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes et du ministère de l’Education nationale a pour objectif de promouvoir à l’étranger les formations supérieures françaises, de faciliter l’accueil en France des étudiants et des chercheurs étrangers et de mettre en oeuvre des partenariats avec les universités étrangères.

Assurer la présence du français dans le paysage audiovisuel mondial

�La présence audiovisuelle française à l’étranger se renforce, et le soutien aux opérateurs majeurs du secteur tels que la chaîne francophone TV5, Radio France Internationale (RFI) et France 24 est désormais une priorité du gouvernement. France 24 a été lancée en décembre 2006. Première chaîne française d’information internationale en continu, diffusant en français, anglais et arabe, elle apporte un regard et une sensibilité française sur l’actualité mondiale.

�La France appuie en outre la diffusion du cinéma et du documentaire français.



L’action humanitaire

�La France accorde une place spécifique à l’action humanitaire dans sa politique étrangère, et se montre ainsi fidèle aux valeurs dont elle a été l’inspiratrice. Elle joue en effet un rôle essentiel dans le développement de l’action humanitaire et du droit international humanitaire.

�La Délégation à l’Action Humanitaire du ministère des Affaires étrangères et européennes met en oeuvre les interventions d’aide humanitaire d’urgence à l’étranger décidées par le gouvernement. A ce titre, elle coordonne l’action de ses différents partenaires institutionnels (Sécurité civile, Santé, ministère de la Défense) et anime un partenariat avec les ONG urgentistes et les entreprises engagées dans l’action humanitaire.

�Les crédits réservés à ces actions ont été de 8,8 millions d’euros en 2006 (plus de 12 millions si on compte les crédits supplémentaires obtenus pour la crise du Liban). Sur ce total, 75 % environ ont été versés sous forme de subventions aux ONG françaises opérant à l’étranger.

�Dans ce domaine, la France apporte également son soutien aux activités des organisations multilatérales. En 2006, environ 50 millions d’euros ont été consacrés aux programmes des organisations internationales et des différentes agences humanitaires de l’ONU : Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Programme alimentaire mondial (PAM), Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Comité international de la Croix-Rouge (CICR)...

�Enfin, la contribution française aux programmes humanitaires mis en œuvre dans le cadre européen s’élève à plus de 100 millions d’euros. À travers ECHO, l’Office humanitaire de l’Union européenne, la France apporte son aide aux pays ou aux peuples en détresse subissant les effets de catastrophes naturelles ou de crises politiques.



La lutte contre le terrorisme

�Victime du terrorisme international, sur son sol comme à l’étranger, la France a depuis longtemps montré sa détermination à combattre le terrorisme sous toutes ses formes, quels qu’en soient les auteurs.

�La France, qui considère que la lutte sans concession contre le terrorisme doit être menée dans le respect des droits de l’Homme et des libertés publiques, est dotée d’une législation anti-terroriste spécifique.

�Les résolutions des Nations Unies, adoptées à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ont renforcé la coopération internationale contre le terrorisme.

�La France participe activement aux travaux du Comité du contre-terrorisme des Nations Unies (CCT).



Présence française dans le monde

�On compte plus de 2 millions de Français vivant à l’étranger.
�La moitié d’entre eux sont des résidents temporaires (durée moyenne du séjour : 4 ans). Il s’agit principalement de cadres et techniciens d’entreprises françaises, d’agents de l’État ou de membres d’organisations humanitaires.

�Ils se répartissent géographiquement ainsi en 2006 :
�-Europe : 50,8%
�-Amérique : 19,5%
�-Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient : 14,2%
�-Afrique sub-saharienne : 9,3%
�-Asie et Océanie : 6,3%

�L’autre moitié sont des résidents permanents parmi lesquels on compte les français à double nationalité dont la population s’est accrue de 87 % entre 1984 et 2004.


Dernière modification : 20/01/2016

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