Observatoire pour le Développement de la Méditerranée - Conférence à Malte

L’aire méditerranéenne est aujourd’hui soumise à une expansion démographique rapide, fortement localisée sur son littoral. L’accroissement de la population de la rive sud de la Méditerranée, auquel s’ajoute un tourisme saisonnier inégalement réparti sur ses côtes, nécessite le développement cohérent d’infrastructures de grande ampleur dont les impacts majeurs sont d’ordre environnemental, sanitaire, économique et sociétal. Ceux-ci justifient le développement de nombreux programmes scientifiques, qui gagneraient à une meilleure cohérence entre eux, ainsi qu’à un couplage plus étroit avec les besoins socio-économiques des régions. L’ensemble doit s’intégrer dans des objectifs de durabilité à long terme.

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I. Contexte

Cette aire en développement accéléré est constituée d’un bassin océanique quasiment fermé, avec un relief marqué sur les bassins versants. Déjà menacée par des aléas sismiques, pouvant même déclencher des tsunamis, cette région va en outre subir les impacts d’un climat en évolution rapide impliquant des événements météorologiques intenses comme sécheresse, feu, eutrophisation des eaux. Ces changements irréversibles des écosystèmes continentaux et marins sont au demeurant fortement couplés aux activités humaines.

Les capacités de développement du bassin méditerranéen ainsi que son « habitabilité » sont par conséquent vulnérables, avec des menaces particulières sur l’accès à ces biens publics que constituent certaines ressources naturelles. L’accès à l’eau, par exemple, tant en qualité qu’en quantité, peut devenir problématique, comme c’est déjà le cas dans certains pays, entraînant un cortège de conflits d’usages, et de menaces sur la santé des populations. Une meilleure gestion, la mieux intégrée possible, des cycles hydriques et des hydro-écosystèmes dans leur environnement humain et culturel est donc indispensable. Outre les risques de toute nature associés aux changements environnementaux, le trafic maritime croissant (1/3 du pétrole mondial transite par cette mer), la concentration urbaine, l’industrialisation, l’uniformisation des modes de production agricole, les modifications d’habitudes alimentaires sont des sources d’inquiétude des habitants du littoral quant au développement harmonieux de leurs régions.

Partant du constat que nombre de décisions en matière de développement souffrent d’une insuffisance de bases et de références scientifiques fiables, c’est au traitement de ces vulnérabilités particulières au développement de l’aire méditerranéenne que souhaite s’attacher l’Observatoire pour le Développement de la Méditerranée (ODMED).

II. Définition, objectifs, organisation

L’Observatoire pour le Développement de la Méditerranée se veut être un « Dispositif d’aide à la décision » mis à la disposition des responsables politiques et des aménageurs des pays riverains de la Méditerranée. Il comblera ainsi le hiatus entre les acquis scientifiques et les besoins du développement, des entreprises et des populations concernées, un des objectifs majeurs du rapport sur « les objectifs pour le millénaire » (" bridging the gap between the scientific output and the needs of the stake holders ").

La grande diversité de ces régions, tant sur le plan politique, que géographique et économique, nécessite que des « systèmes régionaux » de conseil et d’aide à la décision soient développés à la demande et en fonction des besoins. Ils suivront une démarche collective et interactive visant à mutualiser, sur des questions singulières, les compétences existantes. C’est ainsi que seront mis en place des séminaires de travail, en général locaux, auxquels participeront des scientifiques, des politiques, des représentants des pouvoirs publics, des aménageurs, des industriels, des syndicats de producteurs, des associations, des représentants de la société civile, afin d’élaborer des recommandations circonstanciées sur le développement et la gestion des régions côtières et littorales, ainsi que sur les mesures d’aménagement dont celles-ci pourraient faire l’objet.

Les recommandations de l’ODMED s’appuieront en un premier temps, sur l’expertise scientifique des chercheurs travaillant au sein des instituts de recherche marine, établis sur le pourtour du bassin méditerranéen et mis en réseau. Cette mise en réseau des compétences réunies au sein des dispositifs de recherche permettra de développer un usage mieux intégré et plus collaboratif des données d’observation qui y sont recueillies de manière pérenne. Il s’agira de standardiser les méthodologies afin de favoriser la construction, la diffusion et l’utilisation d’indicateurs pertinents du développement, utilisables tant à l’échelle globale du bassin, que pour des opérations régionales, voire locales, d’aménagement du territoire.

A côté de la construction d’indicateurs, quand ils n’existent pas, et de leur diffusion par l’intermédiaire de systèmes d’informations, l’ODMED aura pour tâche de traduire en questions « scientifiques », ou plus exactement « objectivables », les besoins exprimés par
- les populations riveraines de la Méditerranée ;
- les communautés territoriales ;
- les entreprises qui auront la charge de procéder à la construction des infrastructures nécessaires au développement de ces régions ;
- les pouvoirs publics ;
- …

Suivant un processus évolutif, l’Observatoire se veut un instrument contribuant à l’établissement de stratégies, de programmes d’investissement et de modes de fonctionnement fondés sur des bases scientifiques fiables. L’ODMED est placé sous l’égide du Groupe Inter-académique pour le Développement (GID), ensemble d’académies des pays riverains de la mer Méditerranée, garant de la qualité scientifique et indépendant des pouvoirs publics. Durant la phase de démarrage du projet ODMED, le rôle du GID sera de veiller à l’émergence des initiatives locales, d’en valoriser les succès, de faciliter le bon fonctionnement des mécanismes de transfert d’informations conduisant à l’intégration des compétences, et de favoriser les synergies avec toutes les autres instances œuvrant à des objectifs similaires. En conformité avec ses principes d’action, le GID s’attachera à développer les synergies entre les avancées scientifiques, les pratiques professionnelles et les attentes des communautés méditerranéennes.

III. Conférence de lancement : Malte, 12-14 novembre 2013

Les 12, 13 et 14 novembre 2013, le GID organisera à Malte une conférence à l’échelle de l’ensemble des pays riverains de la Méditerranée, afin d’initier le processus aboutissant à la création de l’ODMED.

Elle réunira environ 60 à 80 personnes, pour partie des décideurs (du secteur public comme du secteur privé), usagers et aménageurs du bassin méditerranéen, pour partie des scientifiques représentatifs des stations et laboratoires marins du pourtour méditerranéen. Les sciences connexes (climatologie, hydrologie, économie, …) y seront aussi représentées.

L’objectif sera d’établir les bases de la constitution et du fonctionnement de l’ODMED :
- Mise en cohérence des acteurs : relations entre stations marines, laboratoires, autorités locales, nationales, entreprises, producteurs, associations, … ;
- Produits et services : bases de données, normes, certifications, indicateurs, labels ;
- Organisation : outils, structures, vecteurs ;
- Modalités d’action et de développement : relations avec les structures existantes - réseaux, financement, formation, …

Cette conférence débouchera sur la formulation d’éléments de stratégie à moyen et long terme, sur un plan d’action fondé sur la concertation entre les divers acteurs locaux et sur la mise en place de la structure fonctionnelle de l’ODMED.

IV. Comité d’organisation

Président : François Guinot

Vice-Président : Denis Lacroix

SG : Jacques Fröchen

SG adjoint et dir. communication : Francis Segond

Secrétariat : César Manrique

Soutien CNRS local : Arnaud Lalo (CNRS, Malte), Edouard Michel (CNRS, Malte)

V. Comité scientifique

Sébastien Abis

Catherine Bréchignac

Frédéric Briand

Maurizio Brunori

Salvino Busuttil

Michèle Gendreau-Massaloux

Gérard Jugie

Ivan Katavic

Philippe Lebaron

Dominique Le Quéau

Giorgos Magoulas

Laurent Mortier

Evangelos Papathanassiou

Sophie Pouliquen

Hugues Ravenel

Etienne Ruellan

Albert Sasson

Joaquin Tintore

Jean-Claude Topin

VI. Programme de la conférence

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Programme_de_la_conf­erence_international­e_PARMENIDES_VI.pdf
(PDF - 137.5 ko)

Dernière modification : 15/11/2013

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